CÉSAR VEZZANI

30.03.2019

Article 2

30.03.2019

CÉSAR VEZZANI

30.03.2019

Article 2

30.03.2019

Actualités

Chaque vie est un roman et celle de César Vezzani ne déroge pas à la règle. li y a peu d’écrits sur ce chanteur sans doute parce qu’il a plus chanté que parlé.
Comment mettre dans un texte de théâtre court toute la complexité d’un homme presqu’illettré devenu un demi Dieu du chant lyrique. Sortant des bas-fonds de Bastia, il va côtoyer les plus grands de ce monde et leur parler avec ce bon sens et ce langage direct de paysan. Il ne mettra jamais de gants pour dire ce qu’il pense ou pour se comporter avec tous dans le même contact rugueux mais sincère. Raconter la vie d’un tel personnage n’est pas chose aisée : la réalité et la légende qui entourent ces sortes d’étoiles se mêlent et il n’est pas rare de découvrir des contradictions dans les récits que l’on trouve. Certains faits sont attribués à plusieurs ténors de la même époque, ce qui nous renseigne sur les commentaires que suscitait ce milieu.

La difficulté réside dans le fait de faire se côtoyer l’excellence, la, beauté et l’élégance du chant avec la percussion, la qua-si-brutalité et l’orgueil issus de son milieu. Comment « traduire » la grâce de son chant sans trahir la rugosité de son être devant les courbettes qui entourent l’opéra ?

La dualité de l’homme m’a fait traiter le sujet avec une vraie dichotomie et théâtralement penser deux personnages, deux artistes pour servir au mieux une approche de cette réalité.
Les autres personnages sont essentiels pour lui, même s’ils sont discrets comme sa mère ou l’enfant qu’il fut qu’il porte sans arrêt en lui. Il y a eu sa première épouse qui trace son chemin, mais l’autre vrai personnage qu’il fréquente assidument est le chant lui-même avec lequel il a un rapport quasi mystique.

Le texte n’existe que pour laisser la place à la voix, au chant du merle blanc.

Jean-Pierre Lanfranchi